ASML : le verrou de l'économie mondiale appartient à l'entreprise la plus dépendante de la chaîne
En 1988, à Veldhoven, aux Pays-Bas, une entreprise de quelques centaines de personnes est sur le point de disparaître. Elle fabrique des machines de lithographie, ces appareils qui impriment le dessin d'un circuit sur une plaquette de silicium en projetant de la lumière à travers un masque, couche après couche. C'est l'étape qui décide de la finesse d'une puce, et elle obéit à une règle simple : plus la longueur d'onde de la lumière est courte, plus les motifs imprimés peuvent être petits.

Son actionnaire industriel, ASM International, n'arrive plus à financer des investissements qui ne rapportent rien et se retire. Son autre actionnaire, Philips, vient d'annoncer un vaste plan d'économies. L'entreprise brûle du cash, a peu de clients, et personne dans l'industrie ne parie sur elle. Ses dirigeants vont frapper à la porte d'un membre du directoire de Philips, Henk Bodt, qui convainc ses collègues d'accorder une dernière rallonge. C'est ce récit que l'entreprise elle-même publie aujourd'hui sur la page « histoire » de son site.
Cette entreprise s'appelle ASML. Trente-huit ans plus tard, elle a réalisé 32,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, dégagé 9,6 milliards d'euros de résultat net, et clôturé l'année avec un carnet de commandes de 38,8 milliards. Surtout, elle est la seule au monde à fabriquer les machines qui impriment dans l'ultraviolet extrême, désigné dans toute l'industrie par le sigle anglais EUV, une lumière de 13,5 nanomètres de longueur d'onde, plus de quatorze fois plus courte que celle des machines de la génération précédente. Sans elles, aucun processeur de dernière génération, pour l'IA ou pour autre chose, ne peut être gravé. Aucun État, aucun consortium, aucun concurrent n'a réussi à en produire une deuxième.
L'explication qu'on entend le plus souvent tient en un mot : le secret.
ASML détiendrait un savoir que personne d'autre ne possède. C'est faux, et c'est ce qui rend son cas intéressant. Le verrou n'est pas dans ce qu'ASML cache, il est dans ce qu'elle ne fait pas elle-même.
Le principe est public depuis les années 1990, et il tient en une phrase : produire cette lumière de 13,5 nanomètres, la conduire jusqu'à la plaquette sans la perdre en route, et répéter l'opération assez vite pour une production industrielle. Les brevets fondateurs sont expirés ou lisibles, et l'entreprise publie ses travaux dans des revues scientifiques.
C'est le prolongement direct de ce que nous évoquions à propos de ce que les bâtisseurs voient : la position durable se loge rarement là où le regard se pose spontanément.

Ce qu'on appelle un point de contrôle, et d'où il vient réellement
Un point de contrôle, dans une chaîne industrielle, c'est un maillon dont la défaillance arrête tout le reste. Le réflexe est de penser qu'il naît d'une avance technologique protégée : un brevet, un procédé, une équipe. Cette lecture est rassurante, parce qu'elle suggère qu'un concurrent doté d'assez d'argent et de temps finira par rattraper.
L'histoire d'ASML dit autre chose, et il faut entrer une minute dans la machine pour le voir. La lumière d'abord, qu'ASML ne produit pas. Des gouttes d'étain de 25 microns sont éjectées à 70 mètres par seconde, aplaties par une première impulsion laser, puis vaporisées par une seconde en un plasma qui émet l'ultraviolet extrême, cinquante mille fois par seconde. Le laser vient de l'allemand Trumpf, la source qui l'entoure a été mise au point pendant deux décennies par le californien Cymer, qu'ASML a fini par racheter en 2013.
Les optiques ensuite. À 13,5 nanomètres, cette lumière est absorbée par presque tous les matériaux qu'elle traverse, le verre compris : une lentille classique l'éteindrait au lieu de la transmettre. Il a donc fallu abandonner les lentilles au profit de miroirs empilant chacun plus de cent couches, polis à une planéité inférieure à l'épaisseur d'un atome, et travaillant sous vide. Ces miroirs viennent de Carl Zeiss SMT, partenaire optique d'ASML depuis 1986, deux ans après sa fondation.

Quarante ans plus tard, ASML n'a toujours pas internalisé cette compétence, et a fait l'inverse. En novembre 2016, elle a acheté 24,9 % de Carl Zeiss SMT pour un milliard d'euros en numéraire et s'est engagée à financer sa R&D et ses investissements à hauteur d'environ 760 millions d'euros sur six ans, pour préparer la génération suivante de machines. Un fournisseur devenu trop critique pour rester un simple fournisseur, qu'on sécurise en le finançant plutôt qu'en cherchant à le remplacer.
Le même mouvement s'est produit un cran plus haut dans la chaîne, à l'initiative des clients cette fois. Au début des années 2010, trois entreprises seulement continuaient d'investir pour graver toujours plus fin, Intel, TSMC et Samsung, et toutes trois achetaient déjà des machines ASML. Leur problème n'était pas technique mais économique : sans ultraviolet extrême, le coût de fabrication d'une plaquette allait rendre la miniaturisation non rentable avant de la rendre impossible. Shang-yi Chiang, alors codirecteur des opérations de TSMC, l'a formulé dans le communiqué annonçant sa participation : l'enjeu était de contrôler le coût de fabrication d'une plaquette, et par là de protéger la viabilité économique de la loi de Moore (la trajectoire énoncée par Gordon Moore en 1965 puis révisée en 1975, d'un doublement du nombre de transistors par puce environ tous les deux ans, devenue la feuille de route implicite de toute l'industrie).
En 2012, les trois se sont donc engagés à verser 1,38 milliard d'euros de R&D sur cinq ans et ont souscrit ensemble 23 % du capital pour 3,85 milliards, TSMC pour 5 %, Samsung pour 3 %, Intel pour le solde.
Deux clauses de ce montage en disent plus que les montants. Les actions émises étaient sans droit de vote, sauf circonstances exceptionnelles, personne n'achetait donc le contrôle d'ASML. Et le produit de l'émission n'est pas resté dans l'entreprise, il a été reversé aux autres actionnaires par un rachat d'actions.
Ces trois clients n'ont donc pas recapitalisé leur fournisseur et n'ont acheté aucune exclusivité, ASML précisant que les technologies financées bénéficieraient à toute l'industrie. Ils ont payé pour être certains qu'elles existent.

La dépendance comme architecture
Ce que ces montages dessinent n'est pas le portrait d'une entreprise autosuffisante. C'est le portrait d'une entreprise structurellement incapable de fonctionner seule, et qui a transformé cette incapacité en position.
Chacun de ses partenaires critiques a investi pendant des décennies dans des compétences qui n'ont d'usage que chez ASML. Zeiss ne vend d'optiques pour l'ultraviolet extrême à personne d'autre. Trumpf a conçu un laser dont le marché se réduit à un seul acheteur. Ces investissements sont spécifiques, au sens strict : leur valeur s'effondre s'ils changent de destinataire. Symétriquement, ASML ne peut remplacer aucun d'eux dans un horizon raisonnable, parce que ce qu'ils détiennent n'est pas un plan mais un savoir accumulé par essais successifs, dans une machine qui compte des centaines de milliers de pièces et dont chaque génération a demandé de réapprendre.
Reste la question que cette description laisse ouverte : quel intérêt Zeiss et Trumpf ont-ils à se rendre captifs d'un client unique ? La réponse tient d'abord aux montants. Les achats d'ASML auprès de Zeiss SMT et de ses filiales ont atteint 4,41 milliards d'euros en 2025, contre 3,33 milliards en 2023. Sur un exercice presque équivalent, Zeiss SMT a déclaré 5,055 milliards de chiffre d'affaires, en hausse de 23 %, et est devenue la première des quatre divisions du groupe Zeiss. Les deux périodes ne se recouvrent pas exactement, mais l'ordre de grandeur ne laisse guère de doute : ASML n'est pas un client important de Zeiss SMT, c'est à peu près toute son activité. Trumpf, de son côté, a une division EUV dotée de son propre directeur général et qualifie publiquement sa relation avec ASML de partenariat exclusif. Le laser qu'elle vient de redévelopper pour la génération suivante compte plus de 450 000 pièces, pèse plus de 20 tonnes, et entre en production de série en 2026. Quant à Cymer, la question ne se pose plus : ASML l'a rachetée.
Sur le rythme de production et sur les stocks, la réponse est plus contre-intuitive encore. Il n'y a pas de stock. Chaque colonne optique est produite à la commande, et ASML écrit dans son rapport annuel 2025 que le nombre de machines qu'elle peut produire est plafonné par la capacité de Zeiss SMT, pas par sa propre chaîne d'assemblage. Le même document décrit Zeiss SMT comme son fournisseur unique de lentilles, miroirs, illuminateurs et collecteurs, et reconnaît qu'une interruption durable de ce fournisseur la mettrait hors d'état d'exercer son activité. Le rapport de force qu'on imagine spontanément est donc inversé : c'est l'acheteur qui finance son fournisseur pour desserrer la contrainte, avec 1,91 milliard d'euros de prêts consentis à Zeiss SMT fin 2025 et 1,19 milliard d'avances versées pour sécuriser les livraisons.
Un nouvel entrant qui voudrait reproduire l'ensemble ne se heurte donc pas à un secret. Il se heurte à un problème de simultanéité. Il lui faudrait convaincre l'équivalent d'un Zeiss, d'un Trumpf et d'un Cymer d'engager chacun vingt ou trente ans de spécialisation sur une machine qui n'existe pas encore et dont le premier client viendrait plus tard. Aucun des trois n'a de raison de commencer avant les deux autres. C'est ce blocage d'amorçage, et non la difficulté technique prise isolément, qui protège la position.

Le verrou ne se possède pas, il se co-construit
Voilà le renversement. Nous associons spontanément la puissance à l'autonomie, et la dépendance à la vulnérabilité. Les politiques de souveraineté technologique reposent presque toutes sur cette équation : être fort, ce serait ne dépendre de personne. ASML démontre l'inverse. Sa force ne vient pas du fait qu'elle dépend peu, elle vient du fait qu'un très grand nombre d'acteurs ont accepté de dépendre d'elle en engageant des ressources qui ne valent rien ailleurs.

Le corollaire est déplaisant pour qui cherche une recette. Cette position n'a été planifiée par personne, ni par ASML, ni par les gouvernements qui s'y intéressent aujourd'hui. Elle a émergé d'une suite de décisions prises pour des raisons locales et de court terme, le partenariat optique de 1986, la rallonge de 1988, le programme de financement de 2012 accepté parce que les clients avaient peur que la technologie n'arrive jamais. Ce n'est qu'après coup que les États ont découvert le verrou et se sont mis à légiférer dessus. Les Pays-Bas soumettent à licence l'exportation des machines à immersion les plus avancées depuis septembre 2023, et ont étendu ce régime à d'autres équipements en septembre 2024.
Il y a une seconde asymétrie, moins visible. Une position de ce type met des décennies à se former et se juge en décennies. ASML a livré son premier prototype ultraviolet extrême en 2010, sa centième machine dix ans plus tard, sa première génération à ouverture numérique élevée en 2023. Entre le premier programme de recherche de 1997 et le premier système accepté en production de série, il s'est écoulé plus de vingt ans, financés en partie par ceux qui allaient l'acheter. Aucun de ces jalons n'aurait passé un comité d'investissement raisonnant sur cinq ans.

Ce qu'un dirigeant peut en faire demain matin
La question utile n'est pas « de qui dépendons-nous ? », elle est trop facile à poser et conduit invariablement à des plans de réduction de dépendance qui coûtent cher et changent peu. La question utile est l'inverse : qui a engagé, chez nos partenaires, des ressources qui ne valent quelque chose que grâce à nous ?
C'est une mesure de position bien plus fiable que la part de marché. Un fournisseur qui a adapté ses process à vos contraintes, un partenaire qui a formé une équipe sur votre référentiel, un client qui a construit ses propres outils au-dessus de votre interface, tous ont fait un investissement spécifique. Ce que vous représentez pour eux ne s'annule pas parce qu'un concurrent propose 15 % de moins. À l'inverse, une relation où chacun peut partir en quatre-vingt-dix jours sans rien perdre n'est pas une position, quel que soit son volume.
Cet exercice porte un nom dans la littérature économique, et il vaut la peine de le savoir avant de le mener. Oliver Williamson a reçu le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en 2009 pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier des frontières de l'entreprise. La prédiction centrale de sa théorie, telle que l'Académie royale des sciences de Suède la résume dans son communiqué, est que la propension des acteurs à internaliser une transaction augmente avec le caractère spécifique des actifs engagés dans la relation. La spécificité des actifs est le concept, et le risque qu'elle crée en porte un autre, le hold-up : celui qui a investi dans une relation devient exploitable par celui qui ne l'a pas fait. ASML est le cas limite où ce risque s'est neutralisé de lui-même, parce que chaque partie est captive de l'autre. Pour aller plus loin, l'information avancée publiée par l'Académie détaille la mécanique et la littérature empirique qui l'a testée.
Le pattern se retrouve à petite échelle. Dans plusieurs organisations, les équipes qui pèsent réellement sur les arbitrages ne sont pas celles qui affichent le plus gros budget, ce sont celles autour desquelles les autres ont bâti leurs propres outils, leurs propres formats, leurs propres routines. Personne n'a décidé de leur donner ce pouvoir. Il s'est accumulé pendant que l'attention se portait ailleurs.
Reste le symétrique, qui est le vrai exercice. Faites l'inventaire de ce que votre organisation a construit qui n'a de valeur qu'avec un seul partenaire. Ce n'est pas nécessairement un problème, une spécialisation profonde est souvent la source de l'avantage. Mais tant que cet inventaire n'est pas écrit, la dépendance n'est pas une stratégie, c'est un angle mort.

La question du bâtisseur
Cet inventaire ne se fait pas en réunion. Il se fait en regardant ce que vos partenaires ont réellement bâti autour de vous, et ce qu'il leur en coûterait de le défaire. C'est à ce moment seulement que la question suivante cesse d'être rhétorique.
Si votre principal partenaire décidait demain de vous remplacer, combien de ce qu'il a construit pour travailler avec vous perdrait-il, et le savez-vous précisément ?
Glossaire
Les termes techniques de l'article sont regroupés ici. Chaque terme souligné dans le texte renvoie à sa définition, et chaque définition renvoie au passage exact d'où vous venez.
Lithographie : étape de fabrication qui imprime le dessin d'un circuit sur une plaquette de silicium, en projetant de la lumière à travers un masque. Elle est répétée à chaque couche de la puce, des dizaines de fois, et c'est elle qui fixe la finesse des motifs. Revenir au texte
Plaquette : disque de silicium poli, appelé wafer en anglais, sur lequel les circuits sont imprimés puis découpés en puces individuelles.
Masque : plaque qui porte le dessin d'une couche du circuit. La lumière le traverse et projette ce dessin, en réduction, sur la plaquette. C'est le négatif photographique de la puce.
Ultraviolet extrême, ou EUV : de l'anglais extreme ultraviolet. Lumière de 13,5 nanomètres de longueur d'onde, plus de quatorze fois plus courte que les 193 nanomètres de la génération précédente, dite DUV pour deep ultraviolet. Cette longueur d'onde est ce qui permet d'imprimer des motifs plus fins, et c'est aussi ce qui interdit les lentilles, puisque presque tous les matériaux absorbent cette lumière au lieu de la transmettre. Revenir au texte
Plasma : état de la matière dans lequel les atomes sont ionisés, obtenu ici en vaporisant une goutte d'étain par une impulsion laser. C'est ce plasma, et non une lampe ou un laser direct, qui émet la lumière EUV. Revenir au texte
Ouverture numérique, et High-NA : mesure de la quantité de lumière que les optiques d'une machine peuvent collecter et focaliser. Plus elle est élevée, plus les motifs imprimés peuvent être petits. La génération dite High-NA porte cette valeur de 0,33 à 0,55. Revenir au texte
Spécificité des actifs : caractère d'un investissement dont la valeur s'effondre s'il change de destinataire. Une machine conçue pour un seul client, une équipe formée sur un référentiel unique, un procédé adapté aux contraintes d'un partenaire précis. C'est le concept central de l'analyse d'Oliver Williamson sur les frontières de l'entreprise. Revenir au texte
Hold-up : dans ce cadre théorique, situation où la partie qui a consenti un investissement spécifique se retrouve à la merci de l'autre, qui peut renégocier à son avantage puisque le premier ne peut plus se retourner ailleurs sans tout perdre. Revenir au texte
Rachat d'actions : opération par laquelle une entreprise rend du capital à ses actionnaires en rachetant leurs titres. Dans le montage de 2012, il a servi à faire ressortir immédiatement le produit de l'émission souscrite par les trois clients, vers les actionnaires historiques.
Sources : As of : Août 2026
- [Primary] — Our history — ASML — 2026 — https://www.asml.com/en/company/about-asml/history
- [Primary] — ASML reports €32.7 billion total net sales and €9.6 billion net income in 2025 — ASML — 28 janvier 2026 — https://www.asml.com/en/news/press-releases/2026/q4-2025-financial-results
- [Primary] — ZEISS and ASML strengthen partnership for next generation of EUV lithography — ASML — 3 novembre 2016 — https://www.asml.com/en/news/press-releases/2016/zeiss-and-asml-strengthen-partnership-for-next-generation-of-euv-lithography
- [Primary] — Samsung joins ASML's Customer Co-Investment Program for Innovation, completing the program — ASML — 27 août 2012 — https://www.asml.com/en/news/press-releases/2012/samsung-joins-asmls-customer-co-investment-program-for-innovation-completing-the-program
- [Primary] — TSMC joins ASML's Customer Co-Investment Program for Innovation — ASML — 5 août 2012 — https://www.asml.com/en/news/press-releases/2012/tsmc-joins-asmls-customer-co-investment-program-for-innovation
- [Primary] — Light & lasers, Lithography principles — ASML — 2026 — https://www.asml.com/en/technology/lithography-principles/light-and-lasers
- [Primary] — Lenses & mirrors, Lithography principles — ASML — 2026 — https://www.asml.com/en/technology/lithography-principles/lenses-and-mirrors
- [Primary] — ASML honors TRUMPF for new EUV laser — TRUMPF — 24 octobre 2025 — https://www.trumpf.com/filestorage/TRUMPF_Master/Corporate/Newsroom/Press_releases/2025_26/Corporate/20251024-PM-TRUMPF-Supplier-Award/20251024-PR-TRUMPF-Supplier-Award-EN.pdf
- [Primary] — The Prize in Economic Sciences 2009, press release — Académie royale des sciences de Suède — 12 octobre 2009 — https://www.nobelprize.org/prizes/economic-sciences/2009/press-release/
- [Primary] — The Prize in Economic Sciences 2009, advanced information — Académie royale des sciences de Suède — 2009 — https://www.nobelprize.org/prizes/economic-sciences/2009/advanced-information/
- [Primary] — The Netherlands expands export control measure for advanced semiconductor manufacturing equipment — Gouvernement des Pays-Bas — 6 septembre 2024 — https://www.government.nl/latest/news/2024/09/06/the-netherlands-expands-export-control-measure-advanced-semiconductor-manufacturing-equipment
- [Secondary] — Zeiss expands German site that caps ASML's EUV scanner output — Tom's Hardware — 26 juillet 2026 — https://www.tomshardware.com/tech-industry/zeiss-expands-german-site-that-caps-asmls-euv-scanner-output
- [Secondary] — Tracing the emergence of extreme ultraviolet lithography — Center for Security and Emerging Technology, Georgetown University — juillet 2024 — https://cset.georgetown.edu/publication/tracing-the-emergence-of-extreme-ultraviolet-lithography/
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